Pachad
Pachad, le monde de l’Apocalypse
Pachad est à la fois le plus chaotique et le plus riche des mondes de Kabbale : un lieu où les splendeurs d’un jardin paradisiaque côtoient les pires cauchemars. Tout y mute sans cesse — paysages, formes, créatures — au point de donner l’impression d’être enfermé dans un organisme vivant, oppressant, mouvant, qui ne laisse aucun répit. Ici, la cruauté est une langue commune : on pourchasse, on torture, on trahit, on s’abandonne aussi à une luxure grotesque, comme si l’excès était la seule respiration possible.
Le monde s’organise autour de cinq fleuves, nés d’une même source : Ava, la Source de jouvence, haut lieu de mystère et de pouvoir. Autour d’elle, un jardin se métamorphose régulièrement en jardin des horreurs - à la manière du Jardin des délices de Bosch - et, plus largement, les contrées de Pachad résonnent avec des tableaux médiévaux. Le voyageur traverse des villages aux maisons montées sur des pattes de poule, des places dominées par d’immenses instruments de torture où les créatures se précipitent volontiers, et lève les yeux vers des poissons géants qui volent lentement dans le ciel avant de vomir des êtres grotesques bardés de métal.
Dans ce chaos, quelques repères persistent : des cités apocalyptiques sous des nuages tourmentés, oscillant entre noir profond et pourpre, où l’on chasse des scorpions gros comme des mammouths pour exploiter leur carapace et leur venin ; et le palais des délices, lieu de débauche raffinée, où des convives masqués se perdent dans une architecture biscornue. Socialement, Pachad ressemble à une oligarchie brutale : quelques nantis gouvernent et imposent une tyrannie jubilatoire. Les habitants cumulent tous les défauts possibles - voleurs, menteurs, sournois, cruels - mais ils ne sont pas lâches : quand il faut agir, ils agissent. On tue pour survivre, se nourrir, éliminer un gêneur ou se distraire. Même les kabbalistes peuvent finir captifs, réduits en esclavage, soumis à des sévices : et, dans la logique de la quête, il leur faut accepter la douleur sans résister, pour espérer renaître après avoir touché le fond de la déchéance.
Références dans les suppléments suivants
Kabbale, pp.22.47-54.85-88.119-122.194-195
Compagnon, pp.75.77.90
Loa, pp.8.73.83
Voir aussi les articles suivants
Apocalypse, Archimodion, Clefs de Salomon, Constantinople, Dioclos (Aurélius), Harabel, Kabbale, Khaäl