Archipels pélasgiques
Cet article présente les Archipels pélasgiques, une partie de la géographie des Akasha.
Les Archipels pélasgiques
Les Archipels pélasgiques constituent la strate d’akasha la plus archaïque, un ensemble immense et fragile de Plans Subtils niché au plus profond de l’océan des rêves et des mythes humains. Derrière des brumes d’orientation, l’Archipel ne se laisse approcher que par visions fugitives aux Rêveurs les plus avancés, ou par les voyageurs capables d’emprunter les redoutées Voies fantomatiques.
Il s’offre presque toujours de la même manière : une grève sans fin donnant sur une mer aux visages changeants, l’Océan Intérieur, ancrage le plus stable de l’Archipel dans la Réalité. Les accès les plus fréquents se rencontrent sur les mers de l’Atlantique liées aux peuples du Pacte du Soleil Couchant (les Celtes) et parmi la myriade d’îles méditerranéennes qui virent jadis voyager les compagnons des Pélasges.
À mesure que l’on progresse, les Plans Subtils se rapprochent des terres du Sidh, jusqu’au cœur où jaillit la Source primordiale, aboutissement de l’Agartha pour ceux qui ont choisi la Voie des Origines. Sur ces lointains rivages, les Thuatha de Danann ont édifié cinq cités magiques, et rares sont ceux qui ont accompli le voyage jusqu’à son terme sans quitter le royaume de la Matière pour se fondre ailleurs.
Décors
L’Archipel est un réseau d’îles et de terres mythiques, échos vivaces des grandes contrées du Temps Sacré. Parmi les destinations les plus célèbres, on cite souvent :
- le reflet de Camelot, sanctuaire hors du temps des compagnons et fidèles d’Arthur Pendragon ;
- Avalon ;
- Ys ;
- le pays perdu de Lyonesse ;
- la cité de Lavondyss au cœur de la Forêt Périlleuse.
Si les Pérégrins d’EntreMondes décrivent volontiers l’Archipel par le prisme des mythes européens, certaines parties ouvrent pourtant sur des sphères issues d’autres temps mythologiques et d’autres civilisations (comme l’Alcheringa, El Dorado, ou le Pays du Bord du Monde), preuve que les racines de l’Archipel plongent dans l’imaginaire le plus ancien de l’humanité.
Les dangers
L’Océan Intérieur
Pour atteindre un akasha de l’Archipel, il faut d’abord naviguer au gré de l’Océan Intérieur, principal moyen de voguer d’îlot en îlot. Souvent recouvert d’une brume presque lumineuse, l’Océan est capricieux et dangereux :
- des étendues silencieuses et immobiles peuvent briser toute progression, et dissimuler des créatures monstrueuses ;
- tempêtes et tourbillons engloutissent les imprudents ;
- d’innombrables navigateurs se sont perdus sur ses eaux insondables.
L’Appel
À mesure que l’on avance vers la Source primordiale, l’influence du Sidh se resserre autour du voyageur. Ce resserrement se manifeste par des oublis et des distorsions temporelles : celui qui “s’ouvre trop” à ces Plans Subtils peut être happé par le flot du Temps, disparaître dans des bulles d’irréalité, puis être rejeté comme si rien ne s’était passé… après une période pouvant, pour lui, s’étendre sur des siècles.
Les Épreuves
Les Archipels pélasgiques sont réputés comme les akasha les plus dangereux, précisément parce qu’ils sont aussi parmi les plus cohérents et les plus riches en sapience. Les rencontres y prennent souvent la forme d’ordalies magiques : joutes, combats, duels, surpassements, parfois jusqu’à la mort. Hautement symboliques, ces épreuves forcent le voyageur à lire l’Autre Monde, à reconnaître ses signes, et à s’orienter dans la forêt de symboles que tissent les îles entre elles.
L’origine
L’Archipel a pour centre le Temps Sacré. Jadis, lorsque l’Atlantide s’élevait au monde, les Archipels ne faisaient qu’un avec la Réalité. Puis les Brumes séparèrent l’Autre Monde de la Terre : à mesure que l’Histoire prit la place du Temps Sacré, l’Archipel devint de plus en plus morcelé.
Malgré les efforts des Nephilim pour sauvegarder ce que l’on nomme l’Héritage Secret, certains akasha se sont perdus, d’autres dérivent et deviennent difficiles à rejoindre, et l’Archipel continue d’évoluer de manière dramatique.
Le Temps Sacré
Les Plans Subtils de l’Archipel tirent leurs racines de pactes et d’épopées qui ont uni, d’une manière ou d’une autre, les peuples fréquentés par les Thuatha de Dannan et les Pélasges. Pour ces peuples, les Brumes ne furent jamais totalement infranchissables : quelques Éveillés ont rejoint ces rivages mythiques, certains “entrant dans la légende”, d’autres ramenant des récits fabuleux.
Face à l’érosion des liens entre akasha, les Pérégrins d’EntreMondes se sont engagés dans une lutte occulte : rallier les Frères ayant choisi l’exil dans l’Autre Monde, et faire revivre les épopées du Temps Sacré. Leur quête de la Source primordiale et du Graal n’est pas une fin en soi, mais un moyen de redonner vie à l’Autre Monde.
Les habitants
Les akasha de l’Archipel offrent la plus grande diversité d’habitants, d’apparence humaine ou chimérique.
La Faune
Jamais l’Archipel ne semble vide : une vie animale foisonnante habite ses Plans Subtils. Mais cette faune n’est pas simplement “naturelle” : souvent fantastique, parfois totémique, elle s’impose comme un langage vivant. Chaque rencontre — du cerf au sanglier, du loup au faucon — peut devenir un signe à interpréter pour qui cherche l’Héritage Secret au cœur des îles.
Le Peuple fay
Le peuple fay contribue puissamment à la renommée de l’Archipel : créatures aux aspects et comportements versatiles, présentes sur la majorité des Plans Subtils, mais souvent sous des formes et des cours très disparates.
Malgré cette dispersion, le peuple fay s’organise en une société gouvernée par des souverains charismatiques : les Daoine Sidhe. Certains, comme Othron et Tatiana, sont renommés pour des pouvoirs en leur domaine comparables à ceux qu’on prête aux princes de Kabbale.
Les mythagos
Rencontres rares mais d’une sapience incomparable, les mythagos apparaissent comme des créatures d’essence primale aux traits archaïques : ils sont les incarnations de mythes humains parmi les plus anciens. Chaque apparition est inoubliable et dangereuse ; croiser des figures comme le Capuchard ou la Fille-Fleur laisse des récits et des enseignements à rapporter… et peut marquer un tournant décisif dans une quête.
Fait troublant : les mythagos peuvent être rencontrés dans différents akasha, comme s’ils circulaient entre Plans Subtils connectés par la Forêt Périlleuse.
Le Peuple des Héros
Plus rarement, certains akasha abritent des communautés du Peuple des Héros : des incarnations issues du Temps Sacré, où les épopées semblent encore respirer. Les rencontrer revient à frôler la frontière entre légende et présence réelle, et à mesurer combien l’Archipel conserve des foyers où l’héroïsme n’est pas un souvenir, mais un mode d’être.
Les Agarthiens
Le destin des Agarthiens demeure un mystère, mais on en croise fréquemment dans les territoires de l’Archipel. Ils sont réputés être des reflets du Temps Sacré : humains ayant vécu les épopées du temps des Pactes, population loyale d’un royaume crépusculaire, compagnons d’un voyage éternel vivant hors du Temps.
Loin d’être de simples ombres, ils peuvent être considérés comme des humains. Parmi les enclaves les plus notables, on cite Camelot, terre promise dont certains Agarthiens demeurent les gardiens.
Les Sidhe et les Thuatha de Danann
Les habitants les plus remarquables de l’Archipel sont sans doute les Daoine Sidhe et leurs aînés, les Thuatha de Dannan. Vassaux de ces derniers, les Sidhe sont des êtres magiques profondément liés à leur terre et à leur peuple.
Les Thuatha de Dannan, meneurs d’un exode qui céda la place aux humains, ont édifié cinq cités magiques au cœur de l’Archipel. Leur autorité s’étend sur la majeure partie des Plans Subtils, mais ils demeurent volontiers reclus. Cette distance a laissé aux Daoine Sidhe une large indépendance, indépendance qui n’a pas peu contribué au morcellement de l’Autre Monde.
Certains Nephilim cherchent auprès d’eux aide, service, ou simple recueillement — mais les voies d’accès, comme les intentions, restent rarement simples.
Les visiteurs
Les Rêveurs
Les îles de l’Archipel sont les plus difficiles à rejoindre : rares sont les Rêveurs qui peuvent y être croisés. Seuls des individus exceptionnels, accordés à l’esprit du Temps Sacré, y voyagent — le plus souvent sans en avoir conscience.
Habités par des visions, ils explorent les racines les plus profondes des traditions humaines à travers légendes et mythes. Fascinés par le sacré, beaucoup consacrent leur vie à traduire leurs rêves en grandes épopées, celles qui marquent une époque et se transmettent de génération en génération, nourrissant ainsi l’Archipel et le rendant plus tangible.
Les Arcanes mineurs
Par sa pureté et sa richesse, l’Archipel attire nécessairement les navigateurs et les factions des Arcanes mineurs.
Parmi eux, les Templiers sont connus pour la construction de galions élémentaires permettant à certains nautes de naviguer éveillés et incarnés dans les Plans Subtils. Des rumeurs évoquent même l’apparition d’un galion lié au Ka de Terre, croisant comme une lourde menace au-dessus d’océans de végétation : certains y voient la trace d’une quête acharnée du Temple autour de ce que l’Ordre du Bâton croit être le Graal.
Les Mystes, quant à eux, comptent parmi ceux qui peuvent approcher le cœur de l’Archipel : leur quête de l’Âge d’Or les pousse vers le Temps Sacré, mais leurs divisions, l’hostilité du lieu et la fragilité des “têtes de pont” expliquent que plusieurs camps de base aient été abandonnés ou aient connu un sort tragique.
Enseignements
Les Archipels pélasgiques sont une source de sapience pour ceux qui commencent à discerner l’Agartha. Les îles ne livrent pas seulement des paysages : elles imposent une lecture du symbole, une réconciliation avec les racines des mythes, et une épreuve de vérité sur la nature même du voyage.
L’Archipel promet des trésors — mais surtout des stations, des étapes, des lieux initiatiques dont la légende et l’épopée sont la clef. Les épreuves qui y attendent le voyageur, si elles peuvent le briser, peuvent aussi l’aider à comprendre l’Autre Monde et à situer sa propre quête.
Les portes
Les portes de l’Archipel répondent moins à une géographie fixe qu’à une logique d’accord : pactes, récits, figures, serments, et résonances avec le Temps Sacré. Les voies d’accès se dérobent à ceux qui cherchent une simple route, mais se dessinent à ceux qui acceptent de naviguer selon les signes, la mémoire et le sens.
Les voyageurs
Les Pélasges et la Toison d’Or
Certains récits rapportent l’existence d’initiations pélasgiques liées à la Toison d’Or : une mémoire d’expéditions, de serments et de traversées qui se réveille lorsque l’Archipel se rapproche du Temps Sacré. A l’approche de l’Apocalypse, des témoignages de plus en plus fréquents évoquèrent le retour des nefs pélasges : des navigateurs semblant issus des anciennes expéditions croiseraient vers le centre de l’Archipel, évitant tout contact avec les Nephilim. Nul ne sait quelles sont leurs intentions. Certains y voient l’annonce d’une guerre, qui solderait dans le sang la fin tragique du Sanctuaire Boréal.
Les Nefs
De manière plus courante, les Archipels sont visités par des Nephilim aguerris, coutumiers des étrangetés akashiques. Souvent sages et avancés sur la voie de l’Agartha, ces voyageurs infatigables portent sur eux les attributs d’une longue quête : boussoles riches, et nefs complexes qui leur permettent de naviguer entre les mondes. Ils semblent eux-mêmes être des mondes en miniature, regorgeant d’images grandioses et de secrets indicibles. Respectueux de la quête d’autrui, ils interviennent peu dans les affaires de leurs Frères — mais acceptent volontiers de guider, un temps, ceux qui en font la demande et leur paraissent dignes de confiance.
Références dans les suppléments suivants
- Les Akashas, pp.38-45