Modèle:Infobox Tempérance L'Arcane XIV, la Tempérance.

L’esprit de la Lame

La Tempérance correspond à la quatorzième quête d’Akhenaton : la béatitude infinie. Après avoir été bouleversé par les quêtes précédentes, Akhenaton chercha un répit, un apaisement de l’âme — et voulut en faire profiter tous les Nephilim par la voie de cette Lame.

Les Adoptés de la Tempérance affirment qu’aucun être vivant n’est isolé : tout appartient au Macrocosme et mérite d’être protégé. Leur vocation s’étend à la santé du corps et de l’esprit : blessures physiques, blessures magiques, troubles liés au Khaïba, et même la malédiction des Selenim. Ils observent de près la réincarnation, s’occupent des humains (et donc des simulacres, indirectement), et se préoccupent aussi de l’environnement. Leurs vertus cardinales sont l’écoute, la compassion et le sens des responsabilités.

La Lame elle-même figure une femme mélancolique, vêtue d’une longue robe, qui transvase le contenu de deux pichets : un geste de continuité, de préservation du flux vital et de l’énergie magique au cœur de toute chose. Ses ailes disent l’élévation morale et la capacité à rester au-dessus des querelles, même lorsque le monde se déchire. Pourtant, la sérénité qu’inspire la contemplation de la Tempérance s’accompagne d’une inquiétude sourde : côtoyer la détresse en permanence est une épreuve, et la tâche semble parfois disproportionnée au regard de l’entêtement du mal.

À noter enfin que les Adoptés de cette Lame ne cultivent pas particulièrement les sciences occultes — sauf lorsque celles-ci deviennent nécessaires pour traiter les blessures magiques.

Histoire

Avant la Chute

Avant l’Orichalque et la déchéance, la Tempérance se rattache déjà à une intuition fondatrice : la guérison n’est pas une technique, mais une responsabilité cosmique. Les plus anciens précurseurs de la Lame considèrent que la robustesse, l’équilibre et la stabilité d’un être disent quelque chose de sa place dans l’ordre du monde — et qu’il existe, pour les vivants, une manière « juste » d’habiter la force.

Périodes d'incarnation :

  • La Chute de l'Atlantide : prémices d’une Lame tournée vers la protection du vivant, avant que la médecine ne devienne une urgence collective.

La Chute

Comme tous les Kaïm, les précurseurs de la Tempérance souffrent violemment de la déchéance. Mais ils sont de ceux qui se relèvent le plus vite — par nécessité.L'Orichalque apparaît, les dégâts physiques et psychologiques sont terrifiants, et tous se tournent naturellement vers eux. Ils organisent des secours efficaces, font accepter à ceux qui résistent l’incarnation dans un simulacre, et affirment avec un optimisme volontaire que toute situation — même la pire — peut évoluer si l’on travaille avec persévérance.

Deux consignes s’imposent aussitôt : parer au plus pressé et penser à l’avenir. Le simulacre et l’environnement terrestre deviennent des composantes durables de l’existence : il faut les intégrer et les respecter.

Périodes d'incarnation :

  • La Chute de l'Atlantide : organisation des premiers secours et doctrine de l’endurance ; intégration du simulacre comme fait total.

Carthage

Carthage marque la première collaboration — et certains disent la dernière — entre Nephilim et Selenim. Elle n’est rendue possible que par l’entremise de la Tempérance, intéressée par les études portant sur les expériences des Selenim du Sombre Souverain, dissimulées derrière le culte sanglant de Baal. La Lame XIV participe de près à ces recherches dangereuses : un véritable voyage au cœur des Ténèbres, coûteux en pertes et en dégâts parmi les Nephilim de bonne volonté.

Des événements étranges surviennent : la disparition de la Nef Lunaire et une perte importante des pouvoirs du Sombre Souverain. Le dénouement brouille durablement les relations entre Nephilim et Selenim. La Tempérance, fidèle à sa nature, ne prend pas parti : elle soigne, observe les effets magiques, engrange des informations sur les Selenim plus vastes qu’on ne l’admet généralement, et laisse « sa porte ouverte » à ceux qui voudraient reprendre le dialogue.

Périodes d'incarnation :

L’incident Jésus

Le projet Jésus naît de disciples de Prométhée qui souhaitent offrir au monde un guide spirituel rassemblant humains et Nephilim sur une même voie. Très vite, des Adoptés de différents Arcanes rejoignent l’entreprise — dont la Tempérance. Le projet épouse leur idée maîtresse : l’Agartha ne serait accessible qu’à condition que tous les Nephilim, enfin unis aux humains, atteignent une compréhension totale et une communion parfaite (par l’esprit, le corps, le Ka-Soleil).

Le projet requiert aussi les compétences médicales et les connaissances anatomiques des Adoptés de la Tempérance. On sait comment cela se termine. La Lame XIV encaisse, dresse un bilan et en tire une conclusion qu’elle juge primordiale : toute création artificielle risque de connaître la même destinée. Pour elle, la fusion ne peut être décrétée : elle doit s’opérer « naturellement », par osmose et pénétration mutuelle des essences. Ils y travaillent encore.

Périodes d'incarnation :

  • L'incident Jésus (30) : soutien médical d’un projet de communion ; fixation d’un principe durable contre l’artificialité des fusions.

Les Temps modernes

Dix-neuf siècles passent, mais la Tempérance ne demeure pas immobile. Elle affine ses théories, compile des informations et aide les autres : Nephilim, Selenim et humains. Les progrès techniques colossaux des humains facilitent l’intégration d’avancées médicales, tandis que la Lame apprend à profiter des technologies nouvelles.

Les Temps modernes sont aussi ceux des guerres mondiales, des famines, des catastrophes de masse : cela exige des moyens plus systématiques. La Tempérance se structure sérieusement, et s’appuie pleinement sur un mécanisme décisif : le Tribut du Guérisseur, qui lui procure des soutiens de tous types (matériel, argent, services…).

Enfin, les Temps modernes voient l’ampleur inédite d’un phénomène : la pollution et la destruction de l’environnement. Des Adoptés sensibles à la faune et à la flore sonnent l’alarme et créent un domaine d’activité spécifique pour défendre l’écosystème menacé : la section des Cousins. À la synergie vitale Nephilim/Humains s’ajoute une composante en détresse : l’environnement.

Périodes d'incarnation :

L'époque actuelle : le Compact d'Arcadia

L'Arcane XIV est particulièrement intéressée par le nouveau Compact d'Arcadia. Gardant toujours sa posture de neutralité dans le monde occulte, la Tempérance voient dans ce projet une opportunité d'alliance bénéfique entre Nephilim et humains. Certains Adoptés souhaiteraient même créer un Hospice en Arcadia.

Périodes d'incarnation :

Organisation

La Tempérance est décrite comme l’un des Arcanes les plus anciens et les plus structurés du Tarot. Ses membres en tirent une fierté réelle, sans arrogance : la structure est perçue comme une condition de l’efficacité et de la continuité du soin.

Les Postulants

Le postulant est celui qui se présente à la Lame : il cherche un hospice, un maître, un réseau — et accepte de se soumettre à l’éthique du service. Il est guidé vers les premiers contacts et les premières tâches, toujours au plus près du réel : détresse, crise, blessure, urgence.

Les Novices

Le novice apprend par immersion. La Tempérance attend de lui qu’il voie tout : souffrance humaine, drames écologiques, accidents occultes, frères Nephilim en difficulté. L’apprentissage n’est pas seulement technique : il doit comprendre la logique de l’intégrité, du don de Ka, et des risques de contagion (Orichalque, Khaïba, etc.).

Les Guérisseurs

Les guérisseurs sont le bras opérationnel de la Lame : ils soignent, stabilisent, consolident. Leur travail implique souvent une perte de Ka, des opérations longues, et une attention constante aux conséquences (rechute, transfert du Khaïba, épuisement du soignant). Ils sont aussi au cœur du système de dettes morales qui fonde le Tribut.

Les Maîtres de vie

Les maîtres de vie incarnent la Tempérance la plus représentative : ils supervisent, arbitrent, observent, transmettent. Ce sont eux qui tiennent un discours sur les autres Lames et qui garantissent les pratiques les plus sensibles (certains traitements ultimes, certaines procédures discrètes, certains projets secrets). Leur rôle est aussi d’ordonner la doctrine de l’intégrité Nephilim et d’éviter que le soin ne devienne aveugle.

Les Itinérants

L’itinérance est une conséquence naturelle de la mission : il faut aller là où l’on souffre. Les itinérants se déplacent de crise en crise, d’hospice en hospice, d’opération humanitaire en opération occulte ; ils sont la Tempérance en mouvement, et paient souvent le prix le plus visible en Ka.

Les trois Sections

L’Arcane se déploie en trois grands champs d’action, pensés comme des réponses complémentaires à une même exigence : préserver la vie, l’équilibre, l’intégrité.

La section des Frères

Cette section s’occupe des Nephilim eux-mêmes : blessures magiques, traumatismes occultes, Orichalque, Khaïba, malédictions, et tout ce qui menace la communauté de l’intérieur. Son idée maîtresse est celle de l’intégrité Nephilim : retrouver la pureté magique des Nephilim favoriserait le retour à l’ancienne forme et la restitution de l’essence première.

La section des Hôtes

Cette section s’occupe de la santé physique et mentale des humains (et donc, indirectement, de celle des simulacres). Dans la logique du respect de la vie et des équilibres, la Tempérance doit s’occuper des humains. Elle est associée à la création d’organismes d’entraide médicale et à des avancées majeures en techniques médicales. Certains attribuent à un Adopté des Hôtes l’inspiration de la psychanalyse et de l’hypnose ; on évoque aussi un humain célèbre guidé vers la piste de la pénicilline. La section prête main forte aux initiatives de bonne volonté pour contrer les catastrophes et faire progresser la recherche.

La section des Cousins

Cette section naît de la prise de conscience moderne : l’environnement est une composante en détresse. Protéger l’écosystème devient un champ d’action à part entière, intégré à la synergie Nephilim/Humains.

Initiation

Entrer dans l’Arcane

Intégrer un Arcane est un acte décisif : l’Orphelin rejoint un réseau de relations, d’informations et d’actions qui soutient sa poursuite de l’Agartha. Cela implique une éthique et des devoirs, mais l’Adoption rapporte souvent plus qu’elle ne coûte.

Concrètement, l’Orphelin doit entrer en contact avec un membre actif, obtenir un parrainage, puis faire ses preuves lors d’une période d’essai et d’apprentissage. La progression est suivie par le meneur de jeu si l’Adoption est entreprise en cours de campagne : recherches, enquêtes, séances en face à face, et surtout confrontation au réel de la mission.

Les épreuves propres à la Tempérance

La Tempérance impose des conditions spécifiques et une logique d’évaluation très particulière : le candidat est confronté à tous les domaines d’activité de la Lame (détresse humaine, catastrophe écologique, frère Nephilim en difficulté). L’horreur de l’épreuve tient à ceci : elle échappe largement à la volonté du candidat. Il exprimera l’intention d’aider, mais ce n’est pas cela qui est jugé.

Ce qui est observé, c’est le pentacle et l’énergie magique : face au désespoir, si le Nephilim prend réellement la souffrance des autres sur lui, il donnera son énergie pour consolider celle des victimes. Cela se traduit par la « fonte » d’un point de Ka au cours de l’épreuve. Si ce don a eu lieu — souvent involontairement — le candidat est reconnu capable de véritable compassion et peut accéder aux savoirs supérieurs et à certains secrets de la Lame.

Demeures philosophales

Les demeures de la Tempérance sont des hospices : lieux de soin, de réparation, de codification de procédures, de recherches (parfois très avancées) sur les maux qui altèrent l’intégrité. Chaque hospice a une spécialisation, une fonction, et souvent une domiciliation.

Hospices de la section des Frères

L’hospice du Khaïba (DOMICILIATION : VIENNE)

Le Khaïba est une transformation néfaste du Ka qui mène à la folie. Pour la Tempérance, c’est un frein majeur à l’accession à l’Agartha : tant que des frères se laisseront déborder par leur côté obscur, l’Agartha restera inaccessible pour tous, car l’accession ne peut se faire que tous ensemble. Les méthodes de guérison procèdent à la fois de la magie (substitution de Ka endommagé par le Ka « intact » du soignant) et d’un suivi psychanalytique visant à comprendre comment la chute s’est produite et à prévenir les rechutes. La Lame prend des précautions : le Khaïba peut se transférer du malade au guérisseur.

L’hospice des Selenim (DOMICILIATION : BUDAPEST)

Ce qui vaut pour le Khaïba vaut pour les Selenim : leur dégénérescence est un obstacle majeur à l’accession collective à l’Agartha. L’hospice est ouvert aux membres de la Lame XIII qui souhaitent parler avec la Tempérance et, peut-être, trouver un remède à leur transformation. Une rencontre à venir avec les Selenim doit s’y tenir. Il existe aussi un hospice plus secret encore : la Sérénité (voir les Intrigues).

L’hospice des métamorphes (DOMICILIATION : …)

Hospice spécialisé dans les altérations profondes du simulacre et des formes, lorsque le corps devient instable, trompeur ou dangereux — et lorsque la guérison implique de distinguer l’apparence de la structure magique sous-jacente.

L’hospice de l’Orichalque (DOMICILIATION : …)

Lieu dédié aux contaminations, brûlures et cicatrices provoquées par l’Orichalque, et aux protocoles de réparation de l’intégrité magique après exposition.

L’hospice des blessures magiques (DOMICILIATION : …)

Traitement des blessures occultes qui ne relèvent ni du simple traumatisme physique ni d’un déséquilibre ordinaire. La guérison de ces blessures — surtout celles causées par l’Orichalque — requiert des terres rares, sédimentations naturelles évoluées au cœur d’un nexus. La Tempérance travaille régulièrement avec la Roue de Fortune pour repérer les lieux favorables.

Hospices de la section des Hôtes

L’hospice de l’Ombre (DOMICILIATION : ROME)

Hospice tourné vers les pertes, les effondrements, les replis, et les troubles où l’être se retire du monde. On y suit les procédures de stabilisation et de retour, et l’on y accueille aussi des cas limites que d’autres Lames refuseraient de toucher.

L’hospice du simulacre (DOMICILIATION : PARIS)

Dédié à la santé physique et mentale des humains, et à ce qui, chez les Nephilim, passe par le simulacre : traumatismes, dépressions, dissociations, et conséquences indirectes de l’activité occulte sur les corps incarnés.

L’hospice du Ka-Soleil (DOMICILIATION : MADRID)

Hospice orienté vers les corrélations entre réincarnation Nephilim et hypothétique réincarnation humaine. Il travaille en relation avec l’hospice de la narcose (et d’autres) pour comparer les procédures, les stases, les transferts de mémoire et les hypothèses sur l’âme incarnée.

Hospices de la section des Cousins

L’hospice de Diane (DOMICILIATION : LASSA)

Hospice consacré aux atteintes du vivant, à la faune, aux équilibres écologiques — et à la manière dont la souffrance de l’environnement résonne sur les champs magiques.

L’hospice du Cosme (DOMICILIATION : BONN)

Lieu tourné vers la lecture d’ensemble : interactions entre écosystèmes, sociétés humaines, et effets occultes diffus. On y traite la protection à l’échelle des réseaux, et l’on y prépare des réponses systématiques.

Hospices communs aux trois Sections

Les hospices du Sacrifice

Présents « un peu partout dans le monde » (il en existerait une dizaine), ils sont dédiés aux cas où la guérison exige un don lourd, une perte, un renoncement — et où l’équilibre moral du soin doit être préservé malgré la violence de la situation.

Les hospices de la Conciliation

Hospices destinés à accueillir les conflits, médiations, et dialogues impossibles : entre Nephilim, entre Nephilim et humains, entre Nephilim et Selenim. On y maintient l’ouverture sans naïveté, et l’on y protège la neutralité sans l’abandonner à l’inaction.

Pratiques

Le Compatior

Le Compatior est l’épreuve emblématique qui permet de reconnaître, chez un Nephilim, la compassion véritable. Le candidat est exposé à la détresse dans tous les domaines de la Tempérance (humains, environnement, frères Nephilim), et l’on observe son pentacle. S’il prend réellement la souffrance sur lui, il donnera son énergie pour consolider celle des victimes : cela se manifeste par la perte (« fonte ») d’un point de Ka. Cette perte — souvent involontaire — sert de signe : le Nephilim peut accéder à des savoirs supérieurs et à certains secrets de la Lame.

Le Tribut du Guérisseur

La Tempérance n’est pas une Lame politique : son sens du sacrifice, de l’abnégation, du service et de la neutralité n’est pas contesté. Le Tribut est donc accepté comme normal. Son fonctionnement est simple : lorsqu’un Nephilim est guéri par un membre de la Lame, il contracte une dette. La Tempérance pourra un jour lui demander un service, strictement proportionné à la difficulté de la guérison.

Ces services ne vont jamais contre les intérêts du débiteur, ne mettent pas sa vie ni son équilibre en danger (au moment où ils sont demandés, selon ce que la Lame en sait), et peuvent être remplacés s’ils s’avèrent trop contraignants. C’est une manière de rendre hommage à l’implication des guérisseurs. Ainsi, la Tempérance s’est créé un réseau mondial de solidarité, activable selon ses besoins.

Le principe s’étend aux humains et à l’écosystème : sous forme de contrats moraux, les humains bénéficient d’aides et d’avancées, en échange de services variés ou, le plus souvent, de biens matériels que les Nephilim de la Lame n’ont pas le temps d’acquérir.

Le Temps de la Compensation

Parce qu’ils perdent souvent des points de Ka — en soignant, en soutenant, en se sacrifiant — les Adoptés doivent régulièrement se refaire une santé. Des accidents tragiques ont déjà eu lieu : des guérisseurs épuisés, lors de catastrophes, ont fini eux-mêmes Khaïba.

La Compensation est donc une stricte obligation. Elle peut se faire n’importe où sur le globe, à condition d’avoir une journée et une nuit de calme complet : faire le vide, se laisser pénétrer par la force manquante dans la sérénité et la confiance. Au terme de ce temps « réglementaire », l’Adopté retrouve un nombre de points de Ka égal au modificateur astrologique du jour (hors samedi et dimanche), sans dépasser son score normal.

Une observation poussée des champs magiques pendant la Compensation — avec une solide connaissance des flux (telle qu’on la prête à la Roue de Fortune) — permettrait de constater que l’Adopté est baigné dans un halo d’énergie nourri par une colonne de lumière filant vers l’horizon. En suivant cette colonne, on parviendrait à Épidaure.

Les interdits, ou la juste colère de la Tempérance

Lorsqu’un Nephilim fait appel à la Tempérance pour un problème grave de santé (physique ou mentale), il lui est expressément demandé, une fois guéri, de ne plus jamais se remettre volontairement dans une situation susceptible de provoquer ce type de blessures (sauf circonstances incontrôlables). Cet interdit vise à empêcher les plus téméraires de jouer avec le danger, rassurés par l’idée d’un soin certain — et à protéger aussi les guérisseurs, qui paient souvent cher pour sauver les leurs (comme des médecins au cœur d’une épidémie).

La Lame recense des cas critiques de Khaïba parmi ses guérisseurs submergés de travail. Pourtant, elle n’exerce aucune coercition : un Nephilim qui n’a pas respecté la demande pourra toujours venir se faire soigner, et l’aide ne lui sera jamais refusée.

Figures

Arthor, responsable de la section des Frères

Arthor incarne le cœur clinique de la Tempérance : protection de l’intégrité Nephilim, soins aux blessures magiques, prévention des rechutes et encadrement des méthodes les plus risquées (substitution de Ka, transferts possibles, dangers de contagion). Il porte une vision collective : l’Agartha ne se rejoint pas seul, et toute dégénérescence (Khaïba, Orichalque, Selenim) menace la communauté entière.

Sifrada, responsable de la section des Hôtes

Sifrada représente la Tempérance tournée vers l’humain : aide médicale, organisations d’entraide, avancées thérapeutiques, secours lors de catastrophes. Sous son autorité, la section assume l’idée que soigner les humains n’est pas un luxe moral mais une condition d’équilibre : simulacres, sociétés, traumatismes, et recherche avancent ou s’effondrent ensemble.

Buron, responsable de la section des Cousins

Buron porte l’élargissement moderne de la Lame : l’environnement comme acteur de la destinée. Il coordonne l’engagement contre la pollution, la destruction des écosystèmes et les catastrophes de masse, en reliant champs magiques, cycles du vivant et responsabilité collective.

Calypso, responsable de la Mater

Calypso est associée aux zones les plus secrètes et les plus protégées de l’Arcane. La Mater concentre un savoir et des moyens considérables ; sa protection mobilise des ressources colossales, financées notamment par les « débiteurs » du Tribut. Ce pouvoir — accumulé au nom du soin — est jugé préférable entre les mains d’une Lame réputée neutre et respectueuse de la vie.

Le Prince de l’Arcane : le Cœur (Esculape)

Le Prince de la Tempérance est nommé le Cœur, identifié à Esculape, et lié à Épidaure, lieu de grande force. Il n’apparaît qu’aux cœurs purs et compatissants — critère vague, mais qui lui convient. Dans la Grèce mythologique, Épidaure était sous sa protection : il insufflait chaque jour son énergie pour aider humains et Nephilim à guérir de blessures physiques, psychiques et magiques. On parle de miracles accomplis grâce à son Ka et à des phénomènes d’auto-persuasion nourris par une foi vécue.

Le théâtre d’Épidaure — amphithéâtre à l’acoustique parfaite — est décrit comme le point central de sa thérapie : les pièces, aux vertus psychanalytiques (catharsis), plaçaient les spectateurs malades dans un abandon propice à l’insufflation de force vitale. Aujourd’hui encore, assister à une pièce y procure à certains une paix et une impression de purification, attribuées aux traces résiduelles de son activité.

Esculape continue d’offrir son énergie : la colonne de lumière perçue lors des Compensations vitale mènerait jusqu’à lui. De jour comme de nuit, il fournit aux siens l’énergie nécessaire pour aider les autres — effort colossal qui l’empêche d’entreprendre d’autres choses, mais lui permet de se « transférer » dans tous les Adoptés de l’Arcane. Il pourrait encore se déplacer parfois pour pénétrer au cœur des souffrances d’autrui et entretenir en lui la flamme de la Compassion.

Intrigues

Le projet Phoenix

La Tempérance traite certains Nephilim par narcose et met leurs stases en lieu sûr dans l’attente d’une incarnation ultérieure. Actuellement, ces stases « stockées » ont été rapatriées sur le lieu du projet Phoenix, afin d’assurer une incarnation dans des clones dès la fin des catastrophes de l’Apocalypse. Toutefois, si les proches du Nephilim narcosé le demandent, la Tempérance remet les stases pour permettre l’obtention d’un nouveau simulacre. L’hospice associé travaille aussi à codifier les procédures de réincarnation Nephilim pour les rendre plus simples et plus sûres, et collabore avec l’hospice du Ka-Soleil afin de chercher des corrélations avec la réincarnation humaine.

La Mater

La Mater est un centre de pouvoir paradoxal : un pouvoir né du soin. Les moyens consacrés à sa protection sont colossaux ; le savoir accumulé dans ses quartiers est jugé si dangereux qu’il vaut mieux le garder entre les mains d’une Lame réputée neutre. Les ressources nécessaires proviennent en grande partie du réseau de solidarité activable grâce au Tribut du Guérisseur.

Le Ka « piégé »

Une affaire dont la révélation aurait l’effet d’une bombe dans la communauté Nephilim. Chaque fois qu’un Nephilim recourt aux services de la Tempérance pour un problème grave de santé, il est pris en charge par plusieurs Adoptés, dont un maître de vie qui supervise et administre souvent le dernier traitement. Mais ce maître de vie installe également un mécanisme invisible (sauf aux Initiés de la Lame) qui « piège » le Ka du Nephilim.

Ce piège n’a pas d’effet immédiat : il se déclencherait à l’Apocalypse. À ce moment-là, le Nephilim ainsi « piégé » perdrait instantanément un point de Ka, ajouté à tous les points collectés pour alimenter un champ de force magique destiné à protéger le complexe de l’Arche.

L’hospice de la Sérénité

Hospice très difficile à trouver sans invitation, dépendant directement de Brian MacGregor qui y séjourne souvent. Il se situe au cœur d’une forêt finnoise reculée. Il mène des recherches fondamentales sur tous les maux qui entachent l’intégrité des Nephilim : Orichalque, Khaïba, Selenim.

Seuls quelques initiés savent ce que cache réellement l’hospice : deux Selenim y seraient « temporairement immobilisés » et serviraient de cobayes depuis des années. On insiste sur le fait qu’aucun mal ne leur est fait, mais la méthode paraît cavalière et pourrait provoquer des réactions — notamment si la Lame XIII l’apprenait, à la veille d’une rencontre potentiellement importante.

L’hospice accueillerait aussi des Nephilim de tous horizons désireux de retrouver la Nef lunaire aux voiles noires ; une expédition vers des lieux étranges et hautement dangereux serait en préparation.

Relations

Avec les autres Arcanes majeurs

Sans faire de généralités hâtives, les Adoptés de la Tempérance ne nourrissent aucun ressentiment contre aucune autre Lame. Ils s’efforcent d’être neutres dans les querelles, jouent souvent les intermédiaires, tout en ayant un avis — et parfois un passé commun — avec les autres Arcanes.

  • Le Mat (Neutre) : idéaliste touchant, mais jugé trop éloigné des réalités quotidiennes de la souffrance ; l’Agartha est au bout d’un chemin douloureux qui exige de s’équiper tous ensemble.
  • Le Bateleur (Accord) : proximité jugée saine avec les humains ; la coexistence implique de donner autant que l’on prend.
  • La Papesse (Neutre) : utile pour conserver l’information ; questionnement sur les effets d’une centralisation excessive.
  • L’Impératrice (Neutre) : manipulateurs qui utilisent le simulacre à des fins personnelles ; ils y font attention, mais est-ce suffisant ?
  • L’Empereur (Neutre) : voit dans la réussite matérielle une voie idéale ; soupçon d’une compréhension trop littérale de la quête.
  • La Roue de Fortune (Coopération opérationnelle) : travail commun pour repérer les lieux propices aux terres rares nécessaires aux blessures magiques.
  • La Force (Coopération opérationnelle) : action conjointe contre le Khaïba ; la Tempérance apporte psychanalyse, empathie, suggestion orientée et sacrifice d’énergie, mais reconnaît les dangers (transfert possible).
  • La Mort (Sujet délicat) : contact récent autour des Selenim ; la Tempérance accepte la rencontre par principe d’ouverture, sans que les conséquences soient connues.
  • Le Diable (Opposé) : incompréhension face à l’idée que la métamorphose du Khaïba serait une vraie nature ; refus d’agir contre eux, mais volonté de sauver ceux qui renonceraient.
  • La Maison-Dieu (Neutre) : destruction comme mot d’ordre ; parfois nécessaire si certains savoirs sont trop dangereux.
  • L’Étoile (Neutre) : vision jugée romantique, mais accusée d’évasion face au quotidien de la souffrance.
  • La Lune (Accord) : aide volontiers, notamment parce que certains sont défenseurs de l’environnement ; interrogation sur le Ka-Soleil à travers leur voie.
  • Le Soleil (Accord) : loué pour vouloir dépasser l’incarnation ; alliance précieuse, mais nécessité d’une approche méthodique du Ka-Soleil.
  • Le Jugement (Neutre) : fatalisme jugé fatiguant ; on pense pouvoir aider, mais on doute d’être bien reçu.

Avec les Arcanes mineurs, sociétés secrètes et humains

La Tempérance désapprouve les agissements des sociétés secrètes contre les Nephilim, mais se contente de se défendre et n’attaque jamais, allant jusqu’à soigner les belligérants des deux camps. Exception : si elle est convaincue qu’un groupement humain détient des armes en Orichalque, elle n’hésitera pas à demander à ses alliés d’intervenir, même violemment, pour neutraliser ce danger.

Avec les Selenim

La Tempérance a toujours clairement exprimé qu’elle considère les Selenim comme des Nephilim « malades », au même titre que ceux blessés par l’Orichalque ou touchés par le Khaïba. Dans cette logique, elle se penche sur le problème pour trouver une solution. Officiellement, peu de choses filtrent — sinon la rumeur de résultats possibles liés à l’Institut (ou l’hospice) de la Sérénité. Depuis Carthage, la Tempérance a gardé, selon ses mots, la porte ouverte aux Selenim qui souhaiteraient reprendre le dialogue, même lorsque l’histoire a rendu ce dialogue presque impossible.



Références dans les suppléments suivants


Livre de Base II, pp.49.68
Arcanes Majeurs, pp.74-76.119
Chroniques de l'Apocalypse 2b, p.6
Exils, pp.26.50.92-93.99
Justice (8), p.7
Ka, pp.106-107.122
Roue de Fortune (10), p.30
Mort (13), pp.11.26
Selenim I, p.p53
Compagnon, pp.45.48.56.61.87.92.95.137
Arthuriades, pp.100.119.138
Livre de Base I, pp.20.47.101
Loa, p.49
Arcanes Majeurs NL, pp.87-92

Voir aussi les articles suivants


Abbaye de la belle aventure, Amérique Centrale, Années noires +1933/1945, Arcanes majeurs, Arthuriades +400, Bouddha, Bretagne (Armorique), Carthage, Chute de Grenade +1492, Chute du Temple +1314, Confrérie Coaxiale de Chiron, Croisade albigeoise +1208/1243, Exode Invisible, Gomchen, Grande Bretagne, Gwanyoln, Homoncule, Hospice (Tempérance), Incident Jésus, Lhassa, Lueulin, Mal solaire, Montségur, Nef d'Apophis, Orichalque, Pagad, Révolte des douzes rois, Rituels de guérison, Sanctuaire du Couchant, Terres Australes